Les conventions collectives du spectacle, en clair

Quand tu signes un contrat d'intermittent, ton salaire, tes primes et tes indemnités ne sortent pas de nulle part : ils sont largement fixés par une convention collective. En connaître les grandes lignes t'aide à vérifier que tu es payé au bon tarif — et à comprendre pourquoi deux contrats du même métier peuvent avoir des minima différents.

Une convention collective, c'est quoi ?

C'est un accord négocié entre les syndicats d'employeurs et de salariés d'un secteur. Il complète le Code du travail en fixant des règles propres au métier : salaires minima, montant des cachets, primes, indemnités (repas, transport, travail de nuit, dimanche), durée du travail, congés.

Chaque convention porte un numéro à quatre chiffres, l'IDCC. C'est ce numéro qui l'identifie de façon unique — tu le retrouves souvent en haut de ton bulletin de paie.

Le point clé : la convention qui s'applique dépend de l'activité principale de ton employeur, pas de ton métier à toi. Un même éclairagiste peut relever d'une convention différente selon qu'il est embauché par un théâtre subventionné, un prestataire technique ou une production de cinéma.

Les grandes conventions du spectacle

Pour un intermittent (annexe 8 ou annexe 10), cinq conventions couvrent l'essentiel des situations :

  • Entreprises artistiques et culturelles (IDCC 1285) — le spectacle vivant subventionné et public : théâtres nationaux, scènes conventionnées, compagnies aidées par l'État ou les collectivités.
  • Secteur privé du spectacle vivant (IDCC 3090) — le spectacle vivant privé : théâtres privés, producteurs de tournées, festivals, cabarets.
  • Entreprises techniques au service de la création et de l'événement (IDCC 2717) — les prestataires techniques : son, lumière, plateau, vidéo, pour le spectacle et l'événementiel.
  • Production audiovisuelle (IDCC 2642) — la production de programmes pour la télévision, le web et les films institutionnels.
  • Production cinématographique (IDCC 3097) — la production de films de cinéma, longs et courts métrages.

D'autres conventions existent pour des secteurs plus spécifiques (animation, édition phonographique, radiodiffusion). La liste complète, avec les liens vers les textes qui font foi, est dans la page Textes officiels à lire.

Comment savoir laquelle s'applique à mon contrat ?

Trois réflexes simples :

  • Regarde ton bulletin de paie : la convention collective et son IDCC y sont mentionnés, en général en haut.
  • Regarde l'activité de l'employeur : c'est elle qui détermine la convention, pas ton poste. Un théâtre subventionné, un prestataire son/lumière et une boîte de prod ciné ne relèvent pas des mêmes règles.
  • En cas de doute, demande : à ton employeur, ou consulte directement le texte via le lien de la convention.

Pourquoi ça compte pour toi

Connaître ta convention te permet de :

  • vérifier que ton cachet ou ton taux horaire respecte le minimum prévu pour ta fonction ;
  • savoir à quelles primes et indemnités tu as droit (repas, transport, majorations de nuit ou de dimanche) ;
  • comprendre les écarts entre deux contrats d'un même métier.

Rappel : ce guide vulgarise les grandes lignes. Les montants et règles évoluent au fil des avenants — seul le texte officiel de la convention fait foi. Vérifie toujours la version à jour via la page Textes officiels à lire.

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